Je passe mon temps à te fuir, démon. Toutes les nuits tu m'empêches de dormir. Je regarde par la fenêtre les quelques lumières allumées, et tu viens me narguer. Comment te résister? J'inspire à fond, je retourne me coucher. Je me relève, j'essaie de marcher. Mais je m'effondre sur le sol. "Une fois, rien qu'une fois", me dis-tu. Mais je résiste encore. Je me relève, j'arpente le couloir à la recherche d'une aide, même d'une toute petite. Les murs sont blancs, mes yeux rouges, j'ai la gorge sèche, j'ai mal au coeur, et les murs sont toujours blancs. Enfin je crois. Je m'assois sur la première marche de l'escalier. J'entends sonner deux heures. Personne n'est debout dans la maison. J'entends le tac-tac régulier du réveil, et ça me fait flipper. La nuit m'enveloppe. "Allez, rien qu'une fois" me répètes-tu. Encore je résiste. Je m'enfonce les doigts au fond de la gorge, j'essaie de vomir toute ma haine, mais rien ne vient. Je me cache dans la salle de bain, près du radiateur. J'ai chaud. Alors j'ouvre la fenêtre, mais j'ai froid. Je tremble. J'enlève mes vêtements. Ma tête cogne. J'enfonce mes ongles dans mes cuisses, jusqu'au sang. Je murmure des incantations pour que tu sortes de ma tête. Mais tu es toujours là. "Allez, prends, prends, ça ne te fera pas de mal". Mais je les vois, ils ont confiance en moi. J'entends sa voix qui me dit: "ne détruis pas ta vie, pas de connerie". Mais bon sang, je me sens tellement mal. Alors je me lève doucement, et j'avance dans la pièce. Soudain, à genoux près de mon lit, je retire ce qui va me sortir de cet état monstrueux. Une. Deux. A même le sol. J'ai la tête qui tourne. Tout tourbillonne. Alors une troisième. Lentement. Pour que tout me pénètre. Trou noir.
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